Escient : Nom masculin. Adaptation du latin classique me sciente "moi le sachant". Le mot est passé en français dans des locutions reprises du latin : mon escient, d'où à mon escient à leur escient "en pleine connaissance de ce que je fais, de ce qu'ils font" (cf. sciemment) qui ne sont plus en usage. Seuls à bon escient, "avec discernement, à raison" et à mauvais escient se sont conservés.
Esclandre : Nom masculin. Adapté du latin chrétien scandalum "pierre d'achoppement, piège" et au figuré "ce qui fait tomber dans le mal, le péché" (cf. scandale). Le mot s'est spécialisé au XVIIIe s. au sens d' "incident scandaleux". Esclandre a parfois été employé au XIXe s. au féminin d'où l'indécision fréquente de certains de nos contemporains.
Esclave : Nom emprunté au latin médiéval sclavus "esclave", autre forme de slavus qui signifie proprement "slave". Le passage du sens de "slave" à celui d' "esclave" s'est produit durant le haut moyen âge, période où un grand nombre de Slaves des Balkans furent réduits en esclavage par les Germains et les Byzantins. Le mot s'est largement répandu en Europe (scliavo en italien, esclavo en espagnol, Sklave en allemand et slave en anglais).
Escogriffe : Nom masculin. D'origine obscure, escogriffe qui a eu le sens de "voleur" (d'après griffer "voler"), encore au XIXe s., se dit familièrement d'un homme de grande taille et d'allure dégingandée, surtout dans l'expression un grand escogriffe.
Espagnol : "qui se rapporte à l'Espagne, à ses habitants", s'emploie dans la locution parler (le) français comme une vache espagnole, comme un Basque espagnol. La locution a été expliquée par une altération de vasces "Gascon, Basque", mais la version comme un Basque espagnol est postérieure à celle de la vache! On peut plutôt se référer à l'emploi intensif de comme une vache et aux valeurs négatives qu'a eues l'adjectif espagnol au XVIIe s., par exemple dans l'expression payer à l'espagnole "en coups et rodomontades".
Esperluette : Nom féminin. Encore employé en Belgique, le mot désigne le signe typographique & représentant le mot "et". En France, l’esperluette a longtemps été considérée comme la 27ème lettre de l’alphabet, et jusqu’au XIXème siècle les élèves ânonnaient « ète » à la suite du Z. Cela ne l’empêchait pas d’être boudée par les littéraires puristes, et c’est donc dans les domaines du commerce et de la publicité que l’esperluette allait devenir une star. Dès la révolution industrielle, le &, qui rappelle le nœud qui ferme le paquet expédié par voie ferrée, est employé comme symbole du business. Il matérialise le lien économique entre des partenaires privilégiés ou des sociétés de production, qui unissent souvent & Fils ou & Co. (Source : la cuisine des archivistes)
Espiègle : Adjectif. Attesté une première fois au XVIe s. comme nom propre sous la forme Ulespiegle, il a été repris au XVIIe s. sous la forme francisée espiègle. Ulespiegle(s) représente une adaptation du nom de (Till) Eulenspiegel (néerlandais Uilenspiegel), personnage célèbre par ses tromperies ingénieuses, héros d'un roman allemand publié en 1515, répandu dans la région néerlandaise et traduit en français en 1559 sous le titre : Histoire joyeuse et récréative de Till Ulespiegle. Le nom allemand d’Eulenspiegel évoque la chouette et le miroir, objets fétiches du personnage. Par ces symboles il s'inscrit dans une tradition critique fréquente au moyen âge, à travers le personnage du fou ou du bouffon détenteurs de sagesse. Ainsi, à travers ses aventures ou ses propos, le bouffon révèle une vérité sociale, mais renverse aussi, littérairement, l'ordre établi par la moquerie des puissants. L'étymologie est cependant beaucoup plus triviale : le nom vient du moyen bas-allemand ulen « essuyer » et spegel « miroir, derrière », et l'expression ul'n spegel veut dire « je t'emm... ». (Source : Wikipedia). Espiègle s'applique à une personne vive et malicieuse et à son comportement.


