Empapaouter : Verbe transitif. On prête à ce verbe d'origine argotique plusieurs définitions, finalement assez proches :
- duper, tromper ou escroquer. "Le flou, c’est la pire des choses. Après, les Français disent : « Ces gens essaient de nous empapaouter »" — (Martine Aubry, face à François Hollande lors du débat du second tour des primaires du Parti socialiste, le 12 octobre 2011)
- s'ennuyer voire s'emmerder quand on l'utilise à la forme pronominale.
- pénétrer analement, sodomiser. [leʁepyblikɛ̃] "Va te faire empapaouter chez les Grecs, salope !" (Raymond Guérin, Les Poulpes, 1953) ou encore "C'est la grande déculotade pour empapaoutage express" (San Antonio, Si Maman me voyait, 1983)
- par extension, posséder charnellement ("Papaoutai" chante Stromae. Il s'agit ici d'une forme de jeu de mots abstrait, qu’on appelle trompe-oreilles ou encore vire-langue - papa où t'es ? et (em)papaouté- . Serait-ce à dire que le Papa dont il s'agit a bien dupé sa famille par ses frasques sexuelles extraconjugales ?)
- On notera l'expression : "Va te faire empapaouter" qui se dit pour se débarrasser d'un importun qui cherche à s'introduire dans notre intimité (Source : R. Édouard, Dictionnaire des injures)
Mais quelle en est l'étymologie ?
Robert Édouard (dans son dico cité ci-dessus) avance que le mot serait issu du grec papasmos "cri ou caresse d'un enfant qui appelle son père", d'autres qu'il serait emprunté à l’occitan empapautar "escroquer, arnaquer", argot très utilisé dans le sud-ouest de la France. Je laisserai le dernier mot à Blaise Cendrars qui y voit une familiarité avec papaoutemari "regards de vierge" en langage polynésien "Arthur ne savait plus à quel saint se vouer, s'étant mis à dos jusqu'à la belle-maman Delaunay (...) à force de l'avoir tapée, frustrée, filoutée, empapaoutée, faisant du charme pour expédier des télégrammes, des appels désespérés dans toutes les directions." (Le Lotissement du ciel, 1949)
Empoté, ée : Adjectif. Dérivé de em- (en-) et de (main) pote "(main, patte) gauche", la main gauche étant par sa maladresse relative comparée à une patte. D'usage familier, cet adjectif signifie "maladroit" physiquement et moralement.
Empyrée : Nom masculin (tout comme apogée, lycée, mausolée...). Emprunté au grec empurios "en feu, de feu". Empyrée désigne en mythologie la plus élevée des quatre sphères célestes qui contenait les feux éternels (les astres) et était le séjour des dieux. Le mot s'emploie au figuré, dans un emploi littéraire, pour "séjour des bienheureux".
Encore : Adverbe. Issu du latin populaire hinc ad horam "d'ici jusqu'à l'heure". D'abord attesté comme adverbe de temps, il marque la persistance d'une action puis une idée de répétition. Mais encore ? La graphie encor, interdite en prose par Vaugelas (1647), n'est utilisée aujourd'hui qu'en poésie, le plus souvent pour des raisons métriques.
