Égrillard, arde : Nom et adjectif. Probablement dérivé du verbe dialectal égriller "glisser" (Normandie). Le mot est d'abord attesté avec le sens de "malfaiteur qui guette les passants" que l'on explique par les mouvements vifs du voleur apparaissant et disparaissant de façon inattendue. A partir du XVIIe s., égrillard comme nom désigne une personne alerte, vive ou d'une conduite libre d'où plus tard un homme adroit, éveillé. Comme adjectif, le mot a signifié "rusé". Seul l'emploi adjectif au sens d' "un peu libre avec une tendance à la gauloiserie", qualifiant aussi une personne, est encore en usage aujourd'hui.
Égrotant, ante : Adjectif. Emprunt au latin classique aegrotans "malade". Égrotant s'applique dans l'usage littéraire, à une personne qui est dans un état maladif permanent.
« Votre estomac et votre cul, mon cher ami, ne peuvent pas être pire état que ma tête. Ma petite apoplexie vaut bien vos déjections. Mettons l’une et l’autre dans le même plat, vos entrailles et mes méninges, et présentons les à la philosophie. Je meurs accablé par la nature qui m’attaque par en haut, quand elle vous lutine par le bas » (Lettre de Voltaire à D’Alembert, mai 1777)
Eidétique : Adjectif. Formé d'après le grec tardif eidêtikos "qui concerne la connaissance, la représentation". Une mémoire eidétique, mémoire photographique, ou mémoire absolue, est la faculté de se souvenir d'une grande quantité d'images, de sons, ou d'objets dans leurs moindres détails. Elle donnerait à un individu la capacité de maintenir, durant une courte durée, une mémoire presque parfaite d'une image présentée pendant environ 30 secondes, comme si l'image était toujours là. Comme pour toute autre mémoire, l'intensité du souvenir dépendrait de plusieurs facteurs tels que la durée et la fréquence de l'exposition au stimulus, l'observation consciente, la pertinence de la personne, etc. Cependant, son existence même — hypothétique — est sujet à controverse. (source : Wikipédia) On citera cependant Mozart (voir l'anecdote du Miserere d'Allegri) et plus proche de nous Stefan Bleekrode qui est capable de reproduirre les plus grandes villes du monde de façon très détaillée ou Stephen Wiltshire, l'homme caméra (le survol en hélicoptère d'une ville lui suffi pour la reproduire en détail).
Eldorado : Nom masculin. D'abord sous la forme Dorado (1579) puis eldorado (1640) est un emprunt à l'expression espagnole el (pais) dorado "le pays de l'or" proprement "doré". Eldorado est le nom donné à la contrée imaginaire que les Espagnols situaient, au XVIe s., en Amérique du Sud entre l'Orénoque et l'Amazone ; cette contrée fabuleuse, que l'on disait abonder en or et en pierres précieuses, aurait été découverte par Orellana, lieutenant de Pizarre. La légende de l'Eldorado fut popularisée, en France, par Voltaire qui en fit le séjour de Candide (1759). Le mot se dit ensuite au figuré d'un pays, d'un lieu d'abondance et de délices.
Électuaire : Nom masculin. Emprunt du grec ekleikton "lécher" et "avaler (un remède mou, une pâte". Terme didactique, aujourd'hui vieilli, l'électuaire désigne une préparation pharmaceutique de consistance molle, composée de poudres incorporées à du miel, à un sirop.
Élégie : Nom féminin. Emprunt au grec elegos "chant de deuil". (Les Anciens rattachaient elegos à un verbe elegein qu'ils analysaient en e e legein "dire hé! ou hélas". Élégie est le nom donné à un poème grec ou latin composé de distiques dont la tonalité est mélancolique. Par extension, le mot s'emploie à propos d'une œuvre littéraire moderne dont le thème est la plainte. L'adjectif relatif à l'élégie est élégiaque.
Sous le roc sombre et frais d’une grotte ignorée
D’où coule une onde pure aux nymphes consacrée,
Je suivis l’autre jour un doux et triste son,
Et d’un faune plaintif j’ouïs cette chanson :
« Amour, aveugle enfant, quelle est ton injustice !
Hélas ! j’aime Naïs ; je l’aime sans espoir.
Comme elle me tourmente, Hylas fait son supplice.
Écho plaît au berger, il vole pour la voir ;
Écho loin de ses pas suit les pas de Narcisse,
Qui la fuit pour baiser un liquide miroir. »
(André Chénier, Fragments d'élégies, XXIV)
