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La vie errante

La vie errante

Mes goûts et mes couleurs


Moi qui ai souri le premier - Daniel Arsand

Publié par Thierry L. sur 5 Octobre 2022, 16:36pm

Catégories : #Dévoré

"Continue, arrête, avais-je envie de dire."

D'une mémoire défaillante, oblitérée par la violence des hommes, Daniel Arsand extirpe des bribes de souvenirs, comme on résoudrait une tumeur. Soliloque à la préciosité fragile, ce bref testament revient sur les traumatismes subis par une sensualité trébuchante : un viol, un abandon, une humiliation. La trilogie du dégoût.

Tout est dans tout et Arsand veut croire que la solitude qu'il s'impose depuis son adolescence ou les trop brèves rencontres qu'il se prescrit avec des garçons de hasard sont les fruits d'un consentement raisonné et raisonnable. Certes elles lui ont donné l'occasion d'écrire, de faire œuvre ou d'esquiver un virus délétère mais ce renoncement à tout amour n'est-elle autre chose qu'une détestation de soi incurable ?

Le style baroque de l'écrivain (syntaxe chantournée, fantasques jonctions lexicales...) séduit malgré vulgarités et poncifs discordants, comme si, à travers eux, Arsand se fustigeait encore et encore de n'être que lui-même. Faire semblant de s'aimer n'est pas s'aimer.

Profondément triste, cette confession d'un masque craquelé évoque avec une férocité édulcorée par l'âge les noirs enfers des amours adolescentes. Ces reliques d'une jeunesse tourmentée empoignent forcément ; c'est au printemps que les cœurs sont le plus souvent lacérés.

Un réseau de dentelle mâchuré de laine surge.

Merci Stéphane.

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