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La vie errante

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Mes goûts et mes couleurs


La Danse de Gengis Cohn - Romain Gary

Publié par Thierry L. sur 18 Avril 2020, 13:14pm

Catégories : #Lu

"C'est que c'est bien pour la première fois dans l'histoire de la pensée et de la religion qu'un pur Aryen, un ancien S.S. est habité par un dibbuk juif."

Un ancien nazi est possédé depuis 22 ans par l'esprit malin de Moïché (alias Gengis) Cohn qu'il a abattu en 44 lors d'une mission d'extermination. Ce dibbuk scurrile, avatar d'un facétieux Harpo Marx, le pousse petit à petit vers la folie.

Si le début du roman, aigrelet à souhait, agace les dents et suscite le rire jaune (comme l'étoile) c'est qu'il est à la fois provocant et furieusement drôle. Les tribulations, sous la forme d'une pénitence perpétuelle, éprouvées par le commissaire Schatz -pourtant dénazifié- et ses prises de bec avec son elfe de maison en pyjama rayé sont hilarantes.

Gary se permet tout et son rire est glaçant ("Schatzen a pour le savon une véritable phobie. On ne sait jamais à qui on a affaire, dit-il." ou encore "Je ne veux pas paraître antisémite, mais rien ne hurle comme une mère juive lorsqu'on tue ses enfants.").

L'écriture est classique, goguenarde à la façon d'un Frédéric Dard et le persiflage âpre et nécessaire en ce qu'il dénonce le révisionnisme ambiant (nous sommes en 1966), l'antisémitisme renaissant et l'amnésie généralisée.

Mais très vite, trop vite, le romancier mêle à cette désopilante pantalonnade une obscure histoire de meurtres en série. La fable caustique se métamorphose alors en un salmigondis indigeste.

Dans un médiocre inventaire à la Prévert, le chaman Gary métaphorise à l'excès son récit, l'allégorise grotesquement en créant une nymphomane -l'Humanité- et son garde-chasse impuissant -la Mort- à la recherche de victimes consentantes pour un holocauste orgasmique. C'est très vite illisible, même si l'on devine deçà delà les nobles intentions d'un lanceur d'alerte humaniste (" Le ventre est encore fécond d'où a surgi la bête immonde").

Boursouflé et chaotique, le pensum s'étire, sans queue ni tête, ad nauseam. Comme le serine le drôlatique dibbuk, "je ne souhaite pas ça à mes meilleurs amis."

 

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