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La vie errante

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Mes goûts et mes couleurs


La Jument verte - Marcel Aymé

Publié par Thierry L. sur 4 Décembre 2019, 15:33pm

Catégories : #Lu

" O tempora, o mores ! " dégorgeront les pisse-froids et autres cagots. Il est vrai qu'à l'heure du #metoo, La Jument verte, avec ses incestes paisibles et ses viols agréés, peut encore choquer.

Avec cette fable rustique, qui fleure bon le fumier et la sueur, Aymé nous dépeint une ancestrale rivalité entre deux familles paysannes, les Haudouin et les Maloret. La gaillardise bon enfant de son récit, son humour vachard mais tendre et son art d'estamper de plaisants portraits à l'Opinel en rendent la lecture sacrément distractive.

Dans ce Clochemerle franc-comtois (Claquebue -tout un programme toponymique-), où Républicains et Calotins se tirent la bourre, chaque âme croisée se voit croquée avec malice. Moribond cupide, bigot tyrannique ou matrone débonnaire, tout le village écope des saillies subtiles du romancier. Avec Déodat, le facteur au cœur pur, Marcel Aymé pastellise un sublime jobard : qu'il pisse contre une haie ou qu'il écluse un canon de rouge, ce simplet nous offre un bouquet de poèmes.

Quant à notre jument smaragdine -miracle de la nature- c'est son effigie, immortalisée par le pinceau d'un barbouilleur (pionnier de la peinture foutrale), qui se fait l'échotier du village. Dans les "Propos de la Jument", monologues fripons, elle se transforme en Alfred Kinsey chevalin ou en Alain équin, c'est selon, et ausculte les mœurs sexuelles du tout Claquebue. Bien qu'un tantinet sentencieuse, la pouliche de sinople multiplie les formules frappantes et ses soliloques canailles épicent la poêlée comtoise du romancier.

Une lecture roborative (mais gare aux reflux acides !).

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