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La vie errante

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Mes goûts et mes couleurs


La tempête qui vient - James Ellroy

Publié par Thierry L. sur 20 Novembre 2019, 21:12pm

Catégories : #Lu

Oooga-booga !

Avec le deuxième volet de son nouveau Quatuor de Los Angeles, James Ellroy frappe dru. Car il s'en passe des choses dans cette Comédie inhumaine et le romancier, de plus en plus frappadingue, nous balance des vertes et des pas mûres !

Los Angeles en 42 c'est une cocotte-minute sous très haute pression : Des sinarquistas, "Des flics ripoux. Des types de la cinquième colonne. Des cocos. Des nazis. Des Japs, des Chinetoques, des Mexicains..." et des noms, "d'autres noms", "D'autres encore", "Encore d'autres", "Plein plein de noms", "Pléthore de noms" (d'où une liste des personnages bienvenue en fin d'ouvrage).

Ellroy lacère, déchiquète, taillade l'Histoire à coups de sabres : il mêle le vrai et le faux, résout un mystère -celui très intrigant de The Battle of L.A.- d'un pied de nez, fantasme une invraisemblable conférence entre Nazis et Soviétiques, en 39 à Ensenada, Basse Californie et dézingue avec jubilation quelques célébrités (Orson Welles, Otto Klemperer ou les directeurs du LAPD entre autres).

Dans ce bouillon de culture, il marque à la culotte l'étonné Elmer Jackson, flic-maquereau au cœur d'artichaut, Hideo Ashida, Japonais collabo aux désirs contrariés, Joan Conville, qui s'épanche dans son journal d'une fille perdue et l'infââââme Dudley Smith, grand méchant Loup pervers, la quintessence du scélérat. Ça va vite, très vite, c'est touffu, foisonnant, exubérant... Le lecteur se paume dans les méandres d'un récit éclaté mais Ellroy sait le ménager en multipliant les récapitulatifs hâtifs et les présumés résumés. 

Quelques pages arrachées aux cahier de la diariste Kay Lake interrompent la frénésie du roman et permettent d'alentir le rythme endiablé du Dog. Kay et toutes ses consœurs, Claire, Beth, Joan, Jean, Ruth ou Constanza mènent cette danse macabre : les femmes décidément plus fortes que "This storm, this savaging disaster".

Ardu hard boiled, La tempête qui vient est un très grand Ellroy, saignant, brutal et furieusement humain. "Je reste envoûté(...) par le sortilège"

 

 

 

The Battle of L.A. : le mythe prend l'eau...

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La tempête qui vient - James Ellroy
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M
Ce second tome d'une seconde vague me tente et m'effraie de part cette foule de personnages au générique. Ma crainte, y perdre les petits d'Ellroy. Mais cette envie de reprendre contact après White jazz me taraude. Tes mots vont m'y pousser. Merci..!
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T
Le style d'Ellroy se fait de plus en plus classique et, c'est un reproche qu'on peut lui faire, surprend moins.
M
Le texte reprend t'il le style d'écriture classique de la tétralogie d'antan ou emprunte t'il à celui plus simple et rapide inauguré avec la trilogie "Underworld USA"..?
T
Pour ma part, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire les deux premiers volumes de cette nouvelle tétralogie (même si le choc causé par la première ne s'est jamais amoindri). Bonne découverte !

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