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La vie errante

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Mes goûts et mes couleurs


Les Mille et Une Nuits - Guillaume Vincent

Publié par Thierry L. sur 26 Septembre 2019, 22:20pm

Catégories : #Applaudi

A l'image des bazars orientaux, la pièce de Guillaume Vincent -une compilation de morceaux choisis parmi les Mille et Une Nuits- mélange saveurs, couleurs et odeurs avec plus ou moins de bonheur.

Une salle d'attente nous accueille. Une poignée de jeunes mariées y attend avec effroi le moment où leur futur et éphémère époux, le Sultan Shahryar, désireux de venger l'infidélité de sa première femme, va les déflorer avant de les décapiter. C'est lent et répétitif. Après ce début assez laborieux dans lequel on revient sur l'origine des histoires contées chaque nuit par la futée Shéhérazade et qui aurait gagné à être raccourci tout comme le cou des épouses, le metteur en scène commence à dévider enfin le fil des récits.

Lorsqu'il préserve la magie des contes et fait feu de tous les clichés orientaux, habilement détournés, (oud et qanbus cotoyant la bombarde, effrit et génie tout droit sortis de Sesame Street, ardentes moukères et virils portefaix...) le metteur en scène enchante. Par contre quand il traduit un récit millénaire dans un contexte contemporain, le résultat peine à décoller : le tapis volant reste au sol. Bien sûr il était tentant de questionner par le prisme des Nuits le genre, la condition des femmes ou l'amour fou mais le merveilleux se frotte difficilement au trivial contemporain.

Le conte des trois borgnes est l'un des plus jubilatoires qui mêle cartoon et sexe paillard : ce blason du corps féminin et de son pertuis, d'une obscénité assumée, est drôlissime. 

Enlevé par une énergique troupe de comédiens, le spectacle éblouit malgré un décor fade (plus près du "Couscous" du coin que du palais omeyyade). L'homogénéité du jeu en fait toute la force. J'ai adoré l'alacrité juvénile et l'élégance levantine de Moustafa Benaïbout, histrion bondissant. J'ai retrouvé avec plaisir la folie dure de Florence Janas et l'abattage de la gironde Emilie Incerti Formentini. La scène où cette dernière se métamorphose petit à petit en Oum Kalthoum touche au sublime : un minimum d'effet pour un résultat d'une poésie intense. 

Un voyage fantastique comme celui de Sinbad.

 

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R
Plutôt d'accord avec toi. La deuxième partie, plus molle, m'a déconcerté au départ mais a quand même fini par me cueillir.
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