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La vie errante

La vie errante

Mes goûts et mes couleurs


Vingt-quatre heures de la vie d'une femme - Stefan Zweig

Publié par Thierry L. sur 4 Novembre 2018, 09:29am

Catégories : #Lu

Une femme trébuche, glisse et, au bord de l'abîme, se cabre, se rétablit, reprend in extremis son équilibre et sa route initiale.

Telle est la confession qu'une vieille Anglaise s'autorise au soir de sa vie : elle sait par avance que l'homme à qui elle confie son secret lui accordera sa rémission. Des années auparavant, durant vingt-quatre heures, cette femme, alors mûre et veuve de fraîche date, a vécu une passion hallucinée pour un jeune joueur compulsif et suicidaire. Elle s'est donnée à lui, l'a sauvé à son insu et a failli tout abandonner (son honneur, sa famille et son pays) pour le suivre. La frénésie de de la roulette l'emporta cependant sur la véhémence de sentiments exaltés.

Nouvelle fameuse de Zweig, ce tour d'horloge fiévreux dans l'histoire d'une femme rangée apparaît aujourd'hui étrangement daté. La faute peut-être à une ellipse navrante dans la nouvelle : rien ne nous est dit, décence oblige, de la nuit d'amour entre la vieille maîtresse et son jeune amant. La fièvre érotique a été sacrifiée à celle du jeu, Zweig préférant décrire longuement l'effervescence bouillonnante du flambeur (thème rebattu).

Si Freud semble s'être entiché de la nouvelle ("Le motif est celui de la mère qui initie son fils aux rapports sexuels en s'offrant pour le sauver des dangers de l'onanisme [...].") dans laquelle le nombre 24 revient comme un mantra, pour ma part, je n'accorderai à celle-ci que 18 carats sur les 24 possibles.

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