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La vie errante

La vie errante

Mes goûts et mes couleurs


Journal 1887-1910 - Jules Renard (II. 1891-1895)

Publié par Thierry L. sur 1 Juillet 2018, 21:14pm

Catégories : #Lu

"On n'est pas heureux : notre bonheur, c'est le silence du malheur." (21.09.1894, Jules Renard a trente ans).

Le petit rouquin, malgré une postérité d'amuseur matois, n'a jamais vraiment quitté la défroque de Poil de Carotte. Son journal est souvent d'une désespérance noire : le sourire cache mal le rictus et sous le visage bonhomme de l'écrivain public, point le masque d'un squelette inconsolable. "Ma littérature, c'est comme des lettres à moi-même que je vous permettrais de lire."

On s'étonnera qu'un mari et père aimant, qu'un écrivain reconnu, à défaut d'être adulé, qu'un homme en pleine santé se montre si navré : les fusées poétiques ("Il écrit à vol d'oiseau."), les caricatures désopilantes ("Marie Kryzinska, une bouche à mettre le pied dedans.") et les notations bucoliques ("Les sillons, rides annuelles de la terre.") s'épanouissent comme les fleurs dans un cimetière. Leurs couleurs, leur parfum ne font jamais oublier la sinistre nécropole ("Trente ans ! Et, maintenant, je suis sûr de ne pas échapper à la mort."

Tout petit bouquet :

"Soyez tranquille ! Je n'oublierai jamais le service que je vous ai rendu."

"Quand il se regardait dans une glace, il était toujours tenté de l'essuyer."

"Elle laisserait échapper un secret qu'elle n'a pas."

"Il ne suffit pas d'être heureux : il faut encore que les autres ne le soient pas."

 

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