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La vie errante

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Mes goûts et mes couleurs


Songes et Métamorphoses - Ovide & William Shakespeare - Guillaume Vincent

Publié par Thierry L. sur 15 Décembre 2017, 18:07pm

Catégories : #Applaudi

Fantasmagorie en deux parties, Songes et métamorphoses propose d'abord une relecture de 5 mutations ovidiennes (certaines célèbres -Pygmalion, Narcisse ou Hermaphrodite-, d'autres plus souterraines -Philomèle ou Myrrha-), ensuite une représentation du Songe d'une nuit d'été, où sous le haut patronage de Puck, l'écervelé pixie, batifolent fées, nobliaux et baladins (eux-mêmes préparant une représentation des amours de Pyrame et Thisbé, d'après Ovide justement). La boucle est bouclée !

Dans ce spectacle gigogne, Guillaume Vincent convoque tous les théâtres. Scolaire, amateur, sous influence (Stanislavski), mimétique ou de pure improvisation..., le jeu se fragmente. Les plateaux se succèdent, les personnages se quittent puis se rendossent dans une succession de tableaux antagoniques ou complémentaires.

Le raffinement de la mise en scène comme la fébrilité des interprètes insufflent une urgence chaotique à cette fresque qui enchaîne comédie outrancière et drame horrifique. Les décors s'adaptent aux atmosphères : bricolage enfantin en carton-pâte pour la lecture scolaire du mythe de Narcisse, nudité vieillotte pour la salle de répétition vétuste d'un lycée, grotte d'obsidienne pour l'antre de Procné, salle de bal désuète chez Shakespeare... L'environnement sonore, très travaillé, trouble le spectateur : les chants élisabéthains succèdent aux accents pop des Beatles (Jeanne Cherhal fait partie de la distribution), les dissonances électroniques alternent avec les ballades au piano.

On rit beaucoup dans le spectacle de Guillaume Vincent : la collision des genres "Commediante! Tragediante!" engendre l'hilarité, la faconde des comédiens également (mention spéciale à Florence Janas, déjantée en metteuse en scène adepte de la Méthode).

Cette mise en abyme du théâtre, cet hommage aux comédiens et à leurs masques est cependant bien long et aurait gagné à être élagué. On regrettera d'autant plus le jeu quasi hystérique d'une poignée de comédiens dont les mots hurlés se perdent dans les cintres ou, et cela n'engage que moi, le jeu fade et la diction désordonnée de Gérard Watkins dont le Puck est plus ridicule que facétieux.

Par contre quel bonheur de retrouver intact le talent rare de l'hénaurme Émilie Incerti Formentini (remarquée dans Rendez-vous gare de l'Est) : femme de ménage revenue de l'enfer, Procné vengeresse, comédienne amatrice indomptable ou lion obèse, elle dévore l'espace, annihile ses partenaires et, phénoménale, provoque rires ou larmes. Trait d'union entre Muriel Robin (qu'elle parodie avec allégresse) et Myriam Boyer, sa seule présence bouleverse.

La cerise sur un gâteau un peu trop copieux!

 

 

Songes et Métamorphoses - Ovide & William Shakespeare - Guillaume Vincent
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