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La vie errante

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Mes goûts et mes couleurs


Congo Requiem - Jean-Christophe Grangé

Publié par Thierry L. sur 11 Décembre 2017, 13:37pm

Catégories : #Dévoré

Dans les années 80, une entreprise de gâteaux sucrés d'origine allemande nous faisait croire, à travers une campagne de pub assez drôle, que si ses paquets de biscuits étaient si bons, c'était en partie dû à Monsieur Plus. Ce gandin moustachu n'hésitait pas à payer de sa personne et, en distribuant aux mitrons ici un coup de coude, là une poussée du genou, ajoutait noisettes, coco ou amandes dans les précieuses friandises.

Jean-Christophe Grangé est un peu le Monsieur Plus du thriller : ne reculant devant aucune énormité, il ensevelit son lecteur sous un tombereau de coups de théâtre, de concours de circonstances ou d'invraisemblances pour mener à bien son récit.

Dans le deuxième volume de la saga consacrée à la famille Morvan (cf. Lontano), Congo Requiem, on retrouve avec délice l'insubmersible Grégoire et ses enfants : Erwan le flic jusqu’au-boutiste, Loïc le junkie plaqué-or et Gaëlle, la roulure de luxe. Nos bretons sont toujours sur la piste de l'effrayant Homme-Clou dont le hobby est de transformer ses victimes en fétiches Arumbaya...

Dans ce pavé sanguinolent, Grangé multiplie les atrocités : tout ce qui peut être arraché à un corps humain l'est, chaque personnage croisé est un psychopathe en puissance et, à la façon d'un urticaire géant, la violence touche l'ensemble du corps social. Habile compilation du pire (inceste, cannibalisme, viol, tortures entre autres), Grangé parvient à placer dans son récit un travesti, une tondue "épuration sauvage", un sexe qui tue, des mafieux facétieux, des tireurs d'élite malgré eux et une pharmacopée capable de transformer un agneau en loup et vice-versa... Merci Monsieur Plus !

Ce qui pousse le lecteur, plus d'une fois tenté de rendre les armes, à poursuivre l'aventure c'est la narration époustouflante de l'auteur et son style plutôt chiadé. Fécond en métaphores puissantes, Grangé construit un puzzle géant dans lequel les voix se confondent et les échos prolifèrent.

La première partie qui mène deux de nos héros en République Démocratique du Congo est souvent à tomber par terre de beauté, de poésie et d'effroi mêlés. L'horrifique remontée du fleuve Congo  ("The horror ! The horror !") doit beaucoup à Conrad et le reporter international Grangé nous plonge dans une Afrique de cauchemar, un univers bichromatique : le vert de la végétation et des treillis s'unissant au rouge de la latérite et du sang. Un voyage au bout de l'enfer qui sauve l'impression de fourre-tout du roman dont la fin abrupte n'est pas à la hauteur de nos attentes.

"Le trop est l'ennemi du bien" pourrait-on conclure en paraphrasant Voltaire.

 

Congo Requiem - Jean-Christophe Grangé
Merci qui ? Merci Monsieur Plus !

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