Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

La vie errante

La vie errante

Mes goûts et mes couleurs


Histoire de la violence - Édouard Louis

Publié par Thierry L. sur 19 Juillet 2016, 10:33am

Catégories : #Dévoré

Histoire de la violence - Édouard Louis

Édouard Louis en finira-t-il un jour avec Eddy Bellegueule ? Dans ce deuxième "roman" (puisque c'est ainsi qu'il le nomme), l'auteur poursuit son introspection et nous livre le récit d'une agression dont il a été la victime.

Un soir de Noël, Édouard/Eddy est abordé dans la rue par le charmant Reda qui le drague ouvertement et qu'il fait monter chez lui. A l'aube le docteur Jekyll s'est transformé en Mister Hyde : Reda vole, tente d'assassiner puis viole Édouard avant de disparaître.

Comment vivre avec cette violence faite à son corps et à son être tout entier ? Comment en parler ou ne pas en parler ? Faut-il avoir peur, avoir honte ou être en colère et nourrir un sentiment de vengeance ?

Le récit avance diffracté, morcelé comme un chant diphonique : les voix se mêlent et tentent de raconter. Il y a la narration circonstanciée mais lacunaire (volontairement ou non) d’Édouard, la retranscription subjective de ses confidences à sa sœur par elle-même (Eddy Bellegueule pointe le nez), les interventions des comparses (amis, médecins, flics) et les remarques du romancier, deus in machina de l’œuvre en cours.

Pile au mitan de l'ouvrage, dans un court "intermède", Édouard Louis rend hommage à la prescience de William Faulkner qui, dans Sanctuaire, décrit l'incapacité à fuir d'une victime déjà désignée. En fait, "Histoire de la violence" est tout entier faulknérien avec, il faut l'avouer, moins de génie que l'original : les voix qui s'entrecroisent, passant du murmure au cri, le crime ressassé et lu à travers divers prismes ou le poids du Sud (ici du Nord)... Un roman sous influence.

Intéressant sans être indispensable.

"(...) Maintenant, je voudrais que tu me dises une chose. Pourquoi est-ce que tu hais le Sud Nord ? - Je ne le hais pas, - répondit vivement Quentin Eddy, sur-le-champ, immédiatement. Je ne le hais pas", dit-il. Je ne le hais pas, pensa-t-il, haletant dans l'air glacé, (...) ; Non. Non ! Je ne le hais pas ! Je ne le hais pas !" (Absalon, Absalon - William Faulkner)

Histoire de la violence - Édouard Louis
Histoire de la violence - Édouard Louis
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents