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La vie errante

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Mes goûts et mes couleurs


Splendid's - Jean Genet - Arthur Nauzyciel

Publié par Thierry L. sur 27 Avril 2016, 22:23pm

Catégories : #Applaudi

En préambule, "Un chant d'amour", l'unique film de Jean Genet. Poésie pure avec toute la quincaillerie érogène de l'écrivain mauvais garçon : une chaussette en laine glissant sur une cheville -et c'est le gant de Gilda-, la fumée d'une cigarette à travers une paille, des corps morcelés (aisselle, dos, cou...), des regards interlopes, des bouquets d'aubépine froissés à pleines mains, des "assassins si beaux qu’ils font pâlir le jour".

Puis la pièce (écrite en 48, exhumée en 93).

Splendid's nous transporte dans le hall du septième étage (du 7ème ciel ?) d'un hôtel de luxe : c'est ici que se terrent 7 gangsters et un flic passé du côté des forces obscures.

Une prise d'otage qui tourne court, des hommes aux abois encerclés par la police qui les menace d'un assaut imminent et là encore une danse de faux-semblants : sous le flic se cache un voyou, sous le voyou, une tante, sous la tante, une femme...

Nauzyciel a choisi de monter cette pièce de Genet avec une troupe américaine (à laquelle s'est ajouté le toujours impeccable Xavier Gallais) donc en version anglaise, surtitrée pour l'occasion. C'est à une cérémonie mi-kabuki, mi-roman-photos que nous convie le metteur en scène, au risque de désincarner un texte déjà aride. Entre Reservoir dogs et No orchids for Miss Blandish...

Rafale, Riton, Pierrot et les autres, dans un strip-tease à l'envers, nous découvriront d'abord leurs corps tatoués, atlas à fantasmes, manieront les armes comme des sexes, avant de revêtir un costume funèbre une fois leurs âmes -déjà damnées- mises à nu.

Une mise en scène hiératique donc qu'Arthur Nauzyciel habille d'un décor somptueux, glauque comme un aquarium, d'une musique déchirante (l'immense Billie Holiday) et de la voix-off, rauque et immédiatement familière, de Jeanne Moreau.

Un spectacle irréprochable certes mais par trop tiré au cordeau : on y chercherait en vain la fièvre homo-érotique ou la violence anarchisante du court-métrage de Genet.

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