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La vie errante

La vie errante

Mes goûts et mes couleurs


Cadavre - Cafard

Publié par Thierry L. sur 15 Avril 2016, 17:43pm

Catégories : #Cueilli

Cadavre - Cafard

Cadavre : Nom commun. Est emprunté au latin cadaver "corps d'un homme mort". Le mot était parfois évité pour sa crudité au profit de corpus (qui a donné corps). Les anglais ont gardé les deux mots : cadaver et corpse. Le cadavre exquis est le nom d'un jeu surréaliste (1927). Il rappelle le sujet de la première phrase obtenue par composition collective et aléatoire : "Le cadavre exquis boira le vin nouveau." A noter que le film "Mysterious object at noon" d'Apichatpong Weerasethakul consiste en un jeu avec la narration, sur le mode du cadavre exquis : des anonymes sont invités à reformuler et à prolonger l'histoire, que des acteurs jouent.

Écrit en réaction aux funérailles nationales faites à Anatole France, Un cadavre (octobre 1924) constitue le premier texte surréaliste collectif. Louis Aragon et Pierre Drieu La Rochelle (qui finance l'opération) sont à l'origine de ce pamphlet extrêmement violent. On y lit "Avez-vous déjà giflé un mort ? Certains jours, j'ai rêvé d'une gomme à éffacer l'immondice humaine." (Aragon) ou encore "Avec France, c'est un peu de la servilité humaine qui s'en va. Que ce soit fête le jour où l'on enterre la ruse, le traditionalisme, le patriotisme, l'opportunisme, le scepticisme et le manque de cœur!" (André Breton).

En janvier 1930, paraîtra Un cadavre, un violent pamphlet contre André Breton (joli retour de bâton!) auquel ont pris part J. Prévert, R. Queneau, G. Ribemont-Dessaignes, M. Leiris, G. Limbour, R. Desnos, G. Bataille... En première page un portrait de Breton les paupières baissées couronné d'épines. Selon Georges Bataille près de la moitié du tirage des 500 exemplaires aurait été détruite. Par la suite tous les dissidents se réconcilièrent avec Breton.

Cadène : Nom féminin. Désignait la chaîne à laquelle on attachait les forçats et, du coup, l'ensemble des forçats enchaînés.

Cadenette : Nom féminin. Désigne une longue mèche de cheveux que les hommes laissaient pendre d'un côté, sous le règne de Louis XIII. Le mot est alors dérivé du nom d'Honoré d'Albert, seigneur de Cadenet (Vaucluse), frère de Charles, duc de Luynes, connétable de France (1578-1621) et qui aurait été le premier à porter de longues mèches de cheveux d'un seul côté du visage. Cadenette a ensuite désigné les tresses de cheveux entortillées de rubans, portées par certains corps de troupes au XVIIIe s. (1767) et remises à l'honneur après le 9 thermidor par les muscadins.

Cadet, ette : Nom et adjectif. Emprunté au gascon capdet "chef, capitaine" (XVe s.). Cela vient de ce que les chefs gascons venus servir dans les armées des rois de France au XVe s. étaient souvent des fils puînés de familles nobles (d'où les cadets de Gascogne rencontrés dans Les trois mousquetaires, Cyrano de Bergerac, Le Capitaine Fracasse ou Le Capitan).

"Ce sont les cadets de Gascogne De Carbon de Castel-Jaloux; Bretteurs et menteurs sans vergogne, Ce sont les cadets de Gascogne, (...)" Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac (Acte II, scène 7)

Cafard : Nom masculin. Emprunté, dès le XVe s., à l'arabe kafir "incroyant", qui a pris le sens de "converti à une autre religion, c'est-à-dire non musulman", d'où "faux dévot". Il semble que le sens usuel de "blatte" soit un emploi métaphorique du sens de "faux dévot", l'animal étant de couleur noire et se dérobant à la lumière ("Les caffars se nourrissent de ténèbres"). Le sens figuré de "mélancolie accompagnée d'idées sombres" semble un emploi métaphorique du nom de l'animal en référence à sa couleur sombre et à ses mœurs ténébreuses.

La Destruction

Sans cesse à mes côtés s'agite le Démon;
II nage autour de moi comme un air impalpable;
Je l'avale et le sens qui brûle mon poumon
Et l'emplit d'un désir éternel et coupable.

Parfois il prend, sachant mon grand amour de l'Art,
La forme de la plus séduisante des femmes,
Et, sous de spécieux prétextes de cafard,
Accoutume ma lèvre à des philtres infâmes.

II me conduit ainsi, loin du regard de Dieu,
Haletant et brisé de fatigue, au milieu
Des plaines de l'Ennui, profondes et désertes,

Et jette dans mes yeux pleins de confusion
Des vêtements souillés, des blessures ouvertes,
Et l'appareil sanglant de la Destruction!

Charles Baudelaire (Les Fleurs du Mal)

Le cadavre d'Anatole

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Le cadavre d'André

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